Après un burn-out ou naître à nouveau.

Aujourd’hui je viens avec un sujet lourd. Un truc assez perso. Mais, un témoignage sur Facebook m’a donné envie de prendre la parole à mon tour.
Peut-être aussi parce que maintenant je le sais, j’en suis sortie.

Des témoignages comme celui d’Ariane, c’est ce qui m’avait permis de me rendre compte que j’étais moi-même en burn-out.

À l’époque, je me sentais fatiguée, déphasée, insatisfaite de tout. J’étais clairement malheureuse alors qu’on était sur le point de réaliser tous les projets qu’on c’était promis depuis 5 ans avec l’amoureux. j’avais tout pour être heureuse mais je ne l’étais pas. Remettant sans cesse en question mon existence, l’existence de mon quotidien, de ma place en tant que mère et amoureuse sans savoir pourquoi.
Pour moi, il n’y avait plus de sens et je ne comprenais pas pourquoi. Je me sentais nulle dans ma vie perso. 

Je savais très bien que ce sentiment était lié au fait que je n’avais plus le temps de profiter de toutes ces choses. Mais je ne comprenais pas comment cela était possible. J’avais un emploi à mi-temps donc normalement le temps on l’a. C’est un raisonnement très vicieux : je me sentais nulle car j’avais un emploi du temps de privilégiée — selon moi. Evidemment, Je ne l’étais pas.
Un poste à mi-temps ne veut pas dire qu’on ne peut pas être surmenée. Au-delà du temps, il y a la charge mentale. Je connaissais pourtant son existence, mais je n’imaginais pas être victime d’une surcharge mentale. À vrai dire, je n’étais pas à mi-temps puisque je suis freelance à côté, donc c’était plutôt le contraire. Et surtout : je pensais à mon emploi jour et nuit, on m’en demandait trop, tout le temps, sans me laisser l’occasion de déconnecter. Puis, il ne correspondait aucunement à mes convictions éthiques — je ne trouvait donc plus aucun sens à ce que je faisais.

Un soir, une amie m’a parlé du burn out. Soupçonnant que mon mal-être venait de là.
Quelques semaines plus tard, je me décide à regarder un documentaire à ce sujet. Je me reconnais tellement dans les témoignages des victimes que je m’effondre.

S’effondrer, c’est ne plus rien faire.

Je ne pouvais plus. Je ne pouvais même plus réfléchir. Je ne voyais plus aucunes issues. Je me suis alors laissée porter par mon mec, mon entourage, mon médecin et les thérapeutes.
Ça a duré longtemps, je dirais 6/8 mois. C’était difficile, parfois j’avais l’impression d’aller mieux et deux jours après je replongeais. Pourtant, sans en avoir conscience j’avançais. Plus le temps passait, plus je culpabilisais de ne pas réussir à me relever, mais sans le savoir chaque jour je me relevais un petit peu.

Puis un jour, je me suis sentie légère. J’avais envie de refaire des choses. 

J’avais tout remis en question, pour trouver du sens. Pour sentir à nouveau la joie… le bonheur. Et en déconstruisant, je me suis reconstruite.

Le plus dur a été de trouver une issue professionnelle. Je pense que les choses se précisent de jour en jour, à ce sujet. Puis surtout, selon moi, c’est plus un phénomène de société qu’une conséquence de mon burn-out.
Ce qui est sûr : je serai toujours designer visuel. Cette étiquette me convient parfaitement car elle est vaste. Et aujourd’hui je peux le dire sans me sentir coupable, honteuse ou non-légitime : mes compétences professionnelles sont vastes.

J’ai vraiment l’impression d’avoir accouché de moi-même. La même moi, plus stable, plus sûre d’elle, plus confiante et plus vivante. 
On appellerait pas ça de la résilience ? 

Mes conseils :
– ne soyez pas trop dur avec vous-même, la vie est bien assez compliquée comme ça, 
– ne restez en aucun cas isolé, parlez, laissez-vous entourer des gens qui comptent, 
– et surtout, laissez-vous du temps !!

 


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